Qui n’a connu ces périodes de fatigue ou de découragement à cause du mauvais temps, qui nous poussent vers l’agence de voyage la plus proche… pour craquer devant les propositions bradées de séjours au soleil ?

Et pourtant… On se doute que le transport aérien n’est pas le plus rationnel qui soit, en termes d’éco-bilan.
Que les infrastructures standardisées vantées par les catalogues de voyage, ne sont pas de nature à mettre en valeur le patrimoine architectural et paysager du pays d’accueil. Et que d’une manière générale, le tourisme de masse a une fâcheuse tendance à dénaturer tout ce qu’il touche.

Comme tout le monde revendique le droit d’avoir quelques jours par an sa place au soleil, cette industrie connaît actuellement une croissance fulgurante. En 2014, ce secteur a généré 455 milliards de dollars de bénéfices au niveau mondial et 52% de cette somme a été générée en Europe; la seule Méditerranée se taillant la part du lion avec 35% de ce total. L’Union Européenne est donc le premier marché mondial pour le tourisme, tant émetteur que récepteur.

Selon les prévisions du World Travel & Tourism Council, le tourisme sera, au XXIe siècle, la première industrie au monde. Déjà, dans les 10 prochaines années, il générera directement ou indirectement 11,7% du PIB mondial. Quant aux touristes, pour 625 millions de personnes franchissant des frontières en 1998, on en compterait 673 millions en 2010, 1 milliard en 2014 et plus de 1,6 milliard dans 20 ans.

Tout cela entraîne une rapide globalisation du secteur, qui se traduit par des fusions entre grands groupes financiers, succédant aux professionnels du voyage… Dans la tourmente, les agences indépendantes sont mises au pas par les principaux tour-opérateurs pour vendre des “produits” de plus en plus stéréotypés, d’un pays à l’autre.

On ne retiendra pas les candidats au voyage avec des arguments moraux. Admettons donc que dans certaines conditions, le tourisme est une activité légitime et profitable aux pays d’accueil: si elle est organisée dans le souci d’une intégration harmonieuse dans l’environnement concerné (tourisme intégré), et avec la participation des habitants. Si elle permet le développement économique et social des zones rurales (éco-tourisme), ou la dynamisation des villes, en y étant suffisamment régulée par les pouvoirs publics.

Quant aux entreprises du secteur, leur présence sur le marché est inéluctable. Nous vous proposons donc de les interpeller quand cela s’avère nécessaire, soit individuellement (lors de problèmes rencontrés en voyage), soit collectivement (pétitions et interpellations) s’il s’avère que leurs pratiques sont inacceptables d’un point de vue environnemental, culturel ou social.

Conseil aux touristes qui souhaitent voyager d’une façon plus “authentique” et plus écologique

Sachez qu’il vous faudra organiser vos vacances vous-mêmes en cherchant les bonnes adresses de gîtes ou d’organismes proposant des formules alternatives. Les agences qui ont pignon sur rue n’ont pas la possibilité de vendre de tels produits, vu qu’elles ne peuvent toucher pour ceux-ci aucune commission. La page “Tourisme durable… quelques adresses” vous renseigne les coordonnées d’organismes et sites internets reprenant des formules de vacances qui ne sont pas commercialisées par les voyagistes professionnels.